Index de l'article

La libération des prisonniers

Le nombre des prisonniers politiques à Paris début août 1944 est difficile à établir. Le 15 août, un convoi de 2 400 déportés quitte Pantin pour l'Allemagne ; le 18, un autre train de 1 600 détenus quitte Compiègne. Par contre, 963 prisonniers avaient été libérés sur ordre de Laval (3) et du préfet de police Bussières. Enfin, l'accord obtenu par Raoul Nordling sauve de la déportation 3 245 personnes, essentiellement à Fresnes et à Romainville.
Ceci pour résumer de longues tractations entre Raoul Nordling et Dietrich von Choltitz. Ce dernier a été nommé directement par Hitler commandant du Gross Paris. Il arrive à Paris le 9 août. Au cours de leurs cinq rencontres et de leurs nombreux entretiens téléphoniques, il s'est indéniablement passé quelque chose entre les deux hommes. Ils se sont compris, estimé, mesuré. Nordling a senti le doute, les hésitations du commandant allemand qui avait reçu l'ordre de Hitler, de faire sauter 62 ponts à Paris et en banlieue, de faire le maximum de destructions et de ne pas se rendre. Von Choltitz a compris l'obstination de Nordling, consul de Suède, représentant d'un pays neutre, mais surtout « citoyen de Paris ».
En fait, von Choltitz n'était pas insensible à la vie des soldats et des civils - des deux côtés - et n'était pas non plus insensible à la beauté de Paris. Il le dit d'ailleurs expressément à Nordling.