Il y a 60 ans, entre le 19 et le 25 août 1944: quand Paris brisa ses chaînes

 

PAR INGRID ROUSSEAU

Canadian Press
Friday, August 20, 2004
 

PARIS (AP) - Paris, août 1944. Depuis quatre ans, la ville est "le remords du monde libre", selon le général Charles de Gaulle. Après le Débarquement en Normandie, la capitale attend sa libération avec impatience. Mais celle-ci n'est pas un objectif stratégique pour les Alliés.

 

Chronologie
La libération de la France
JUIN 1944

Mardi 6 : débarquement des troupes alliées en Normandie, deux jours après la prise de Rome.

Jeudi 8 : Bayeux, dans le Calvados, est la première ville française libérée. Le général de Gaulle y prononce, le 14 août, son premier discours en terre française.

Raoul Nordling, le consul de Suède grâce à qui Paris n'a pas brûlé

Stockholm de notre correspondant

Alors qu'une grande confusion mêlée de joie intense gagnait Paris en ces journées d'août 1944, un discret ballet diplomatique avait lieu pour tenter de sauver la capitale française d'une destruction voulue par Hitler. Pour y parvenir, Raoul Nordling, consul général de Suède à Paris, n'avait pas ménagé sa peine. Entre la Résistance, le commandement allemand du Gross Paris et ses supplétifs français, ce diplomate scandinave faisait la navette. Non sans résultat, puisqu'une trêve était conclue le 20 août, vite rompue ici et là.

Quand les portes de Drancy se sont ouvertes
Le 17 août, le consul de Suède, Raoul Nordling, annonce aux détenus du camp la fin de la terreur.

LE MONDE | 25.08.04

Le 17 août, la cité utilisée comme lieu de transit vers les camps de la mort est libérée.

L'immeuble passerait presque inaperçu entre le gymnase flambant neuf et les tours modernes de Drancy (Seine-Saint-Denis). Mais un wagon, vigie postée à la croisée des rails, rappelle le destin des trois barres de quatre étages en forme de U : celui d'un projet de logement social révolutionnaire de l'entre-deux-guerres réquisitionné le 14 juin 1940 par l'occupant pour être un camp de transit vers la mort.

1944 : on l'appelle le sauveur de Paris

Pendant les derniers mois de l’Occupation, le consul de Suède à Paris a mis toute son énergie à épargner à la capitale une destruction massive. Surtout, il obtient des autorités allemandes la tutelle des prisons et sauve plusieurs milliers de détenus de la mort ou de la déportation. Le manuscrit de ses Mémoires (1) est publié pour la première fois.